11 000 miles sur un Athéna 38

Arrivee aux acoresAprès quinze années de navigation en Manche, Côte Sud de l’Angleterre, Iles Anglo-Normandes, Bretagne Nord et Sud, l’envie de pousser l’étrave un peu plus loin s’est faite sentir.

Après trois monocoques, Centurion 32, Prétorien et Ovni 385, le souhait de naviguer à plat s’est imposé.

L’achat de l’Athéna 38 s’est fait en 2002. Ses qualités nautiques étaient reconnues et à l’époque, c’était le seul catamaran financièrement abordable. Donc, plutôt que de rester à quai en rêvant au bateau inaccessible financièrement, nous avons opté pour le bateau idéal, c'est-à-dire celui que l’on peut acquérir. Jamais à aucun moment nous n’avons regretté ce choix.

 

Basé au Havre, le bateau a été testé pendant deux années en Manche et sur la Côte Sud de l’Angleterre.

Puis une opportunité professionnelle nous a permis de nous installer une quinzaine de mois sur l’île de Saint Martin et d’assouvir notre envie de naviguer sous les tropiques.

Le départ vers les Antilles a eu lieu le 15 Janvier 2004. Pour des raisons de calendrier professionnel et de contraintes météo, il s’est agi d’un convoyage express et quasi non stop. Le Havre, Brest, Lisbonne, Les Canaries, Saint Martin.

Ces quinze mois nous ont permis d’apprécier Saint Martin depuis la mer, Anguilla et bien sur Saint Barth.

A retenir sur Saint Martin, l’ilet Pinel et Oyster Pond, Anguilla et ses plages de sable d’une finesse et d’une blancheur incroyable. Quant à Saint Barth, le ship le plus fourni de la caraibe, entre autre, car il y a aussi les yachts, le luxe et de belles ballades.

La fin 2005 approche, notre départ est prévu le Ier Décembre. Le bateau s’est tropicalisé par l’ajout d’un bimini rigide, et d’un portique pour l’annexe et les panneaux solaires.

Au cours de notre périple qui a commence le 1er Décembre 2005 à Saint Martin, pour s’achever le 18 Juin 2006 à la Rochelle, nous avons effectué le parcours suivant :

Saint Martin, Saint Barth, Antigua, La Guadeloupe avec le passage de la Rivière Salée, Marie Galante, Les Saintes, La Dominique La Martinique Sainte Lucie, Saint Vincent, Bequia, Union, Les Grenadines, Grenade, Saint Martin, Les Acores, La Rochelle

 

Au mouillageNous retiendrons la beauté des Saintes, La Dominique et sa rivière indienne qui a servi de décor pour Pirate des Caraibes ainsi que la richesse de sa végétation, tout pousse, c’est un véritable jardin d’eden, Bequia où l’eau et le fuel vous sont livrés au moyen de barques aménagées, Les grenadines de toutes beautés, Grenade et le courage de ses habitants, quasiment plus aucune trace des dégâts causés par les cyclones, une île qui mérite vraiment d’être visitée. Et pour finir, avec quelques degrés en moins, les Acores où une longue escale s’impose.

Nous étions trois, mon épouse, moi-même et notre fille de 10 ans à l’époque, scolarisée au CNED.

 

Le bilan que nous tirons de ce voyage :

A la portée de tous, navigation plus facile qu’en Manche ou en Bretagne Nord.

Il n’y a donc aucune raison de se priver d’un tel voyage

Nous gardons un souvenir fort des navigations à la journée près des îles. Le vent soutenu et le soleil sont souvent présents, cependant ces conditions ne doivent pas faire oublier de préparer avec rigueur toute navigation car le courant a proximité des cotes et les têtes de corail ne pardonnent pas l’approximation

Nous sommes ravis d’avoir réaliser la transat retour

Cela a nécessite de mener une inspection complète du bateau, de s’équiper d’une balise et d’imaginer la conduite à tenir dans le gros temps, problèmes techniques ou autre car nous avons navigue en équipage réduit. A deux, les quarts deviennent des demis.

Il nous reste des images d’une gestion  assez ,tranquille de cette traversée même si physiquement c’est fatiguant . Nous avons mené une veille continue ,le vent forcissait souvent la nuit, les réduction de voilure sous la pleine lune sont d’une grande beauté mais mobilisent notre attention en ce qui concerne notre sécurité.

La scolarité ne pose pas de problèmes particuliers, les cours du Cned sont d’un excellent niveau, la seule ombre au tableau c’est la solitude de l’enfant. Très peu de rencontres avec d’autres enfants de son age,

Du fait de l’itinérance, les rencontres ne sont pas aisées.

Taud et portiqueLes habitant des îles nous perçoivent comme des gens très riches mais se montrent courtois et respectueux si vous leur accordez votre attention ; il est donc important de se mettre à leur portée , de faire vivre le commerce local, même si les prix sont parfois très touristiques, et d’acheter quelques fruits ou légumes à la barque qui vient sur votre bord, même si nous n’en avons pas forcément besoin et de payer quelques services dont nous pourrions nous passer.

Quant aux plaisanciers, nous constatons que beaucoup se comportent dans leur bateau, comme dans leur voiture !!!

 

L’équipement du bateau était le suivant :

  • Centrale de Nav Raymarine ST 60
  • GPS 31 Furuno
  • Radar 1622 Furuno
  • lecteur de carte Raymarine 435
  •  Pilote Autohelm ST 6001
  • Radio Sangean ATS 505
  • VHF Simrad ST 61

Nous avons fait l’impasse sur le dessalinisateur inutile à notre avis sur ce parcours où il est très facile de trouver de l’eau, ainsi que sur la machine à laver le linge car nous trouvons partout une prestation équivalente dans chaque endroit avec en plus la satisfaction de faire vivre les locaux.

En ce qui concerne l’énergie, le bateau était équipé d’une batterie de 105 Ah pour le moteur tribord et de trois batteries de 105 Ah pour le moteur bâbord et les servitudes.

L’autonomie totale était assurée par deux panneaux solaires de 110 watts chacun.

Nous avions pour habitude de faire fonctionner le frigo de 8 heures à 2O heures

Un convertisseur de 1000 watts assurait les besoins en 220V  pour la cafetière, l’ordinateur, et l’imprimante.

 

Le mouillage était composé d’un guindeau Caiman de 1000 watts, d’une ancre britany de 20 kg, de 50 m de chaîne de 10 et de 50 m de câblot.

Un second mouillage comprenait une ancre britany de 14 kg, de 20 m de chaîne de 10 et de 50 m de câblot.

Une annexe Plastimo 270 et un moteur Tohatsu de 5cv complétaient l’équipement.

 

Les contraintes liées au bateau étaient relativement minimes :

  • Un carénage annuel, soit une bonne matinée de travail.
  • Les vidanges moteurs toutes les 150 heures soit une heure par moteur
  • Un coup d’œil sur les moteurs chaque semaine

 

Nous avons parcourus 11.000 miles avec ce bateau sans le moindre souci, sans la moindre panne, et dans un confort total avec vue sur mer.

Nous n’avons jamais éprouvé le moindre commencement de mal de mer.

Nous n’étions pas concernés par les mouillages rouleurs fréquents aux Antilles

En un mot, le Catamaran est le bateau idéal pour ce type de périple

 

Que du bonheur !

 

Alexis 09/2006

Vous devez être connecté pour poster un commentaire